Internet des objets

Revue du projet Ecosystème IoT

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Mission et objectifs

La mission du projet Ecosystème IoT est de développer et valider – fondée sur le recensement, la caractérisation et la qualification des acteurs, solutions et marchés du domaine de l’Internet des Objets (IoT) – un modèle de transition de phases du cycle de vie des entreprises; il s’articule de la phase “projets” jusqu’à la phase “industrialisation”, selon la méthodologie platinn.

 

 

Dans ce contexte, nous avons collecté, consolidé et analysé – grâce à un logiciel propriétaire qui utilise des méthodes statistiques et d’apprentissage non supervisé – la cohérence et la pertinence d’un ensemble de données qui représentent, de manière univoque, les caractéristiques intrinsèques des sociétés étudiées. Nous appelons ces descripteurs “l’ADN” des sociétés et ils sont produits selon le principe de la chaîne de valeur. L’examen de quelques projets exemplaires a guidé l’élaboration d’un modèle d’industrialisation primaire qui a le dessein de mieux accompagner les entreprises soutenues.

L’approche par silos ou par chaîne de valeur d’écosystèmes l’IoT complexes

Les promoteurs de l’IoT sont probablement désarçonnés par les difficiles mises en route dans l’industrie – Cisco estime que près de 75% des projets IoT échouent – et les problèmes de sécurité récurrents décelés dans les objets connectés. Cependant, sa croissance à large échelle est inexorable et nous allons vers un monde physique et logiciel globalement connecté. Le nombre total de dispositifs connectés a surpassé le nombre de téléphones mobiles (et même le nombre d’individus dans le monde) et une phase d’accélération exponentielle se prépare dès que la base fondamentale – telle que, par exemple, l’interopérabilité, la sécurité, la normalisation et l’orchestration des services– sera mise en place.

Les différents segments de l’IoT continuent d’évoluer avec leurs dynamiques intrinsèques et des passerelles fonctionnelles étendent son ubiquité dans plusieurs secteurs et industries connexes ou non (logistique, Industrie 4.0). Un produit, ou une solution, “connecté” est souvent une combinaison de technologies verticales et intégrées, in extenso, qui rend de facto obsolescent la vision par silos, comme le montre la classification de sociétés par segments dans l’IoT.

IoT CH 2

Ci-dessus, le comparatif entre la vision en silos (1ère figure) et par chaîne de valeur (seconde figure).

Ecosystèmes et intelligence collective

Réfléchir en termes de chaînes de valeurs permet de s’affranchir d’une perspective souvent arbitraire, rigide et biaisée. Par analogie, on peut considérer l’entier du cycle de vie d’un objet de sa conception à son recyclage, et la disposition des sociétés dans ces cycles. Par exemple, une société dans l’IoT peut piloter des centres de collecte, une flotte de camions de la voirie, une usine de cogénération d’énergie et des capteurs de pollution ou de bruit.

L’approche par chaîne de valeur permet de déterminer et de positionner les sociétés les unes par rapport aux autres en fonction de plusieurs critères – technologies, savoir-faire, compétences, services, marchés – et d’identifier les potentielles synergies stratégiques et commerciales entre elles. Elle s’oriente sur l’identification de la complémentarité (partenariats et/ou “Joint Venture”), d’indices de similarité (clusters de compétences et/ou compétiteurs) entre sociétés, de points chauds (surconcentration de sociétés similaires) ou froids (déserts technologiques, de compétences), de zones d’opportunités commerciales (application de technologies à d’autres domaines non triviaux), pour ne citer que quelques exemples. Cette même approche peut s’appliquer à des écosystèmes de ressources humaines pour jauger, par exemple, les zones de compétences et d’insuffisances, la capacité à innover dans un domaine spécifique, la concentration de savoir-faire.

La construction de chaînes de valeurs

La chaîne de valeur se construit pour chaque domaine applicatif, technologique et commercial. Les descripteurs sont en l’occurrence les différentes couches de l’architecture IoT – “Device | Gateway | Platform” – actions, telles que la collecte, la validation, le transfert, l’agrégation, la préparation et l’analyse à large échelle des données dans un data center, et les services collatéraux présentés aux clients (machines et/ou humains). Ces descripteurs permettent la construction de l’écosystème IoT étudié qui est composé de vecteurs binaires, “l’ADN” des sociétés. L’ensemble de ces “ADN” est finalement le “génome” de l’écosystème. L’avantage de cette approche réside dans: la possibilité de concaténer – de faire coexister – différents écosystèmes pour une analyse ultérieure; la facilité de maintenir à jour les champs et/ou attributs propres aux sociétés; le choix du degré de granularité pour décrire un écosystème (grossier ou fin); et l’opportunité d’observer comment un écosystème, i.e. les sociétés, évolue et se transforme au cours du temps. C’est un modèle vivant, dynamique et impartial de transition de phases du cycle de vie des entreprises.

Conclusion

Cette étude démontre le positionnement objectif de sociétés dans un écosystème complexe selon le principe des chaînes de valeur, en fonction de leurs compétences, technologies, modèles d’affaires et de leur cycle de vie. Elle identifie des pistes pour améliorer l’accompagnement aux sociétés lors de cycles d’exploration et de pénétration de marchés nouveaux et/ou de conception de nouveaux produits afin d’accroître leur compétitivité. Elle illustre le potentiel de la méthode pour le montage de consortium, ou de coentreprise, dans le but de consolider et d’accélérer l’innovation et l’approche concertée vers de nouveaux marchés en Suisse et à l’étranger. Elle propose une nouvelle perspective pour faciliter les évolutions, notamment lors de transitions “projet” à “pré-industrialisation” et de celle-ci à “industrialisation”. Elle met en exergue un modus operandi pour identifier les opportunités “non triviales” et les technologies émergentes dans un écosystème global complexe. Une extension à un ensemble étendu de clusters de compétences en Suisse permettrait, sans doute, d’approfondir la compréhension du tissu technologique, industriel et économique helvétique et de mieux en exploiter sa quintessence.

Textes et images: François Gilardoni et Jean-Marc Hilfiker

Image de titre: OFCOM

 

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