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Dufour Aerospace cherche sa place dans le ciel

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L’entreprise valaisanne espère pouvoir lancer un premier prototype d’avion électrique de tourisme d’ici 2021. La propulsion électrique est plus sûre, plus confortable, économique et écologique.

 

L’entreprise fondée par Thomas Pfammatter à Viège veut concrétiser un rêve: celui de voler à l’électrique. Pilote à Air Zermatt depuis 25 ans, cet entrepreneur a créé en 2017 Dufour Aerospace avec deux autres compères: Dominique Steffen, un ingénieur passionné de vol acrobatique, et Jasmine Kent, une informaticienne de chez Google. Récemment, ils ont complété l’équipe en engageant les services de Damian Hischier, un pilote d’essai expérimenté.

Tout commence en 2015, quand Thomas Pfammatter, déjà convaincu du potentiel de la propulsion électrique, et Dominique Steffen créent l’entreprise Hangar 55 pour mettre au point l’aEro1, un petit avion de voltige, 100% électrique. En parallèle, ils rencontrent André Borschberg, Sébastien Demont et Gregory Blatt, du team Solar Impulse, avec lesquels ils s’associent et rebaptisent leur société H55. Le projet est un succès, mais Thomas Pfammatter, en tant que pilote d’hélicoptère, envisage déjà un nouvel appareil capable de décollages/atterrissages verticaux (ADAV).

Dufour associés

Les fondateurs Dominique Steffen, Thomas Pfammatter et Jasmine Kent

«A la fin, nous avions des objectifs différents: le team de Solar Impulse voulait se concentrer sur le développement de systèmes de propulsion électrique (EPS), alors que nous, nous voulions développer un avion en entier. Nous avons donc revendu nos parts pour poursuivre notre projet. Nous sommes restés en très bon termes et c’est clair qu’ils sont sur la liste de nos fournisseurs potentiels pour notre futur appareil», explique le Haut-Valaisan. Avec Jasmine Kent, les deux associés de la première heure ont créé une autre start-up et se sont donnés 4 ans pour faire voler leur premier prototype 1/1 d’avion-hélicoptère électrique.

L’actuel projet aEro2 et l’aEro3
Depuis sa fondation, Dufour Aerospace conçoit l’aEro2, un ADAV bi-place à propulsion électrique. Et cette année, les 3 associés ont appris que les règles de certification sont quasiment les mêmes pour un avion à 2 places qu’à 5 places. Ils sont donc passés à un modèle un peu plus grand, l’aEro3, pouvant accueillir 1 pilote et 4 passagers. On n’est pas loin du rêve un peu fou de voitures volantes des cinéastes Fritz Lang (Metropolis) et Luc Besson (5ème Elément).

Actuellement, l’équipe planche sur un prototype à 50%, d’une envergure de 4 mètres. Design des ailes, choix des matériaux, du système de propulsion et de lubrification, développement du software de pilotage, résolutions des questions de certifications, etc., le travail ne manque pas. Des vols tests sont prévus cet été et fourniront les indications indispensables pour construire le prototype à l’échelle 1/1.

A terme, l’avion devrait voler à 180 km/h en mode électrique, pour une autonomie de 120 kilomètres. La configuration hybride prévoit quant à elle un rayon d’action de 800 kilomètres et une vitesse maximale de 350 km/h. Derrière ces chiffres, les avantages sont nombreux. Le principal, c’est la réduction du CO2 – jusqu’à 4 fois moins rien que pour le modèle hybride –, mais c’est aussi moins de bruit et plus de sécurité. «Un moteur électrique est bien plus sûr qu’un moteur à combustion, parce que ses composants ne sont pas exposés à des chaleurs de 1000°C dégagées par une explosion, ce qui réduit les risques de panne et de casse», détaille Thomas Pfammatter. Enfin, last but not least, l’heure de vol passe de CHF 200.- à CHF 50.- environ.

Dufour propotype

L’argent: le nerf de la guerre
Les 3 associés de Dufour Aerospace ont financé leur entreprise entre fonds privés et travail sans salaire. Ils ont aussi bénéficié d’un très gros soutien des incubateurs technologiques du Valais: la Fondation The Ark, CimArk SA et le CCF (Centre de Cautionnement et de Financement). Enfin, le coaching platinn a permis d’entreprendre une recherche de fonds importante qui vient de s’achever. L’ambition est d’abord de faire voler et certifier le prototype de l’aEro3. Le futur reste ensuite à écrire. Si la start-up parvient à placer son appareil dans le ciel, tout est possible: s’agrandir pour devenir un producteur, se faire racheter par un avionneur ou même, qui sait, par un fabricant automobile. «Si nous touchons l’argent espéré auprès des investisseurs contactés, nous avons en tout cas une bonne chance de finir la construction du prototype 1/1 d’ici 2021. Aujourd’hui, développer un avion ne coûte plus des milliards. Avec la propulsion électrique, c’est devenu possible pour 50 à 60 millions», déclare Thomas Pfammatter. A terme, environ 40 personnes seront nécessaires d’ici la fin des 3 ans pour terminer le prototype final. A cela s’ajoutent des partenaires externes privés ou publics comme la Haute école spécialisée de Zurich (ZHAW) ou l’ETH Zurich.

L’avis de l’entrepreneur
Le coaching platinn a été suggéré par Paul-André Vogel, le chef de CimArk, une société valaisanne chargée de soutenir les PME et start-up dans leur recherche de compétitivité. Pour Thomas Pfammatter, le projet et l’entreprise n’en seraient pas là sans leur coach Finance qui les a accompagnés: «Marie-Laure Berthié est une spécialiste pour trouver des financements. Elle connaît le monde du capital-risque et des grands investisseurs. Elle sait comment présenter le projet et le présenter de la bonne manière. Ensemble, nous avons revu le business plan et notre stratégie. Marie-Laure, c’est aussi quelqu’un qui a un très bon réseau et des connections actives dans la haute finance. Elle jouit d’une grande crédibilité. Si elle soutient un projet, ça le crédibilise automatiquement. Sans elle, nous n’aurions jamais été capables de faire tout cela. C’est une personne incroyable, elle nous a aidé énormément. Elle est extrêmement précieuse dans ses conseils et te pose les bonnes questions pour te préparer aux entretiens face aux investisseurs. Je la recommande vivement à toutes les start-up qui cherchent du financement.»

L’apport de platinn
De son côté, Marie-Laure Berthié se dit très satisfaite du travail accompli avec Dufour Aerospace: «Ma contribution a consisté à les préparer au mieux à un tour de table assez ambitieux. Nous avons re-questionné et explicité leur business, leur proposition de valeur et certains éléments de régulation. En fin de compte, j’ai souvent pris le rôle de l’investisseur pour les « challenger » sur les éléments importants sur lesquels je savais qu’ils seraient plus tard interrogés. Ça a été un coaching vraiment super à mener. C’était un plaisir de les aider, car ils possèdent une très grande connaissance de leur secteur et en même temps, ils ont été très réceptifs, à l’écoute, donc nous avons vraiment pu pousser très loin les réflexions. C’est l’entrepreneur qui doit avoir le contenu, c’est là que le coaching est le plus efficace, quand on peut optimiser le projet au maximum.»

Pour en savoir plus…
www.dufour.aero

par Arnaud Gariépy

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