“New tech” pour sports nautiques

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La jeune pousse genevoise Timeon lance une “smart watch” spécialement conçue pour les régatiers, kitesurfers ou autres sportifs nautiques.

Apple a débuté dans un garage. Pour Timeon, il s’agirait plutôt d’une cuisine. C’est là, dans un petit appartement genevois situé près de la nouvelle gare des Eaux-Vives que Rémi Aeschimann a installé son ordinateur lui permettant de développer la première version de sa montre intelligente Timeon. “Je repousse au maximum le moment où il faudra investir dans des bureaux”, explique-t-il. Pour l’instant, il n’en a pas vraiment besoin. Et la crise sanitaire a montré que l’on peut facilement travailler depuis chez soi en communiquant avec ses partenaires par les voies digitales.

© Emily Bonnet
La montre intelligente de Timeon – © Emily Bonnet

Ce n’est pas le seul détail original de ce jeune entrepreneur de 28 ans. Après une formation dans l’horlogerie, Rémi Aeschimann s’est tourné vers la voile de haut niveau en rejoignant l’équipe professionnelle Realteam Sailing. C’est en pratiquant sa passion que le déclic intervient. “Pendant une compétition en Sardaigne, l’un des meilleurs mondiaux, Franck Cammas, n’a pas pris son départ parce qu’il n’avait pas reçu le signal, raconte-t-il. Je me suis dit qu’il fallait mettre en place un système pour simplifier les procédures de départ avec une synchronisation automatique du compte à rebours.” Il se rend compte alors qu’aucune montre ou autre dispositif ne permet de le faire. “Tout ce qui se développe actuellement autour des montres intelligentes nécessite un smartphone à proximité et donc un réseau cellulaire”‘, ajoute-t-il. L’idée de Timeon prend forme: il faut proposer une solution pour les activités où le téléphone n’est pas pris avec soi, ou pratiquées dans des endroits qui ne sont pas couverts par les opérateurs.

Rencontre inattendue avec le futur coach
Mais au début, le projet n’est pas encore une vision entrepreneuriale. “De par ma formation, je connaissais quelques aspects techniques d’une montre, le bracelet, le boîtier, mais absolument pas comment développer une montre électronique. Je me suis donc formé en autodidacte pendant un an. Je ne pensais pas en faire un produit mais simplement me prouver que c’était possible.” C’est lors de ses expérimentations que Rémi Aeschimann découvre qu’il est possible d’envoyer et recevoir des signaux avec de petits appareils, permettant à la fois le timing, soit le signal de départ, mais aussi et surtout l’envoi de signaux de détresse afin qu’un participant puisse annoncer, hors réseau, qu’il a un problème et qu’il se trouve à telle position. “C’est là où ça m’a fait tilt, se souvient-il. Je me suis dit qu’il y avait vraiment un débouché commercial, et pas seulement pour les régatiers professionnels, mais pour tous les amateurs de sports nautiques à la recherche d’un équipement permettant d’accroître leur sécurité.”

L’aventure prend un tournant décisif lors d’une rencontre inattendue: “J’ai croisé le coach platinn Frédéric Dreyer par hasard, lors d’une sortie sponsors Realteam. À la soirée qui a suivi, je lui ai dit que j’avais un projet horloger et qu’on pourrait peut-être en parler à l’occasion. Il a été séduit et, de fil en aiguille, est devenu mon coach platinn.” Deux ans plus tard, cette rencontre lui a permis d’avancer sur le produit. “Je me suis lancé dans la création de ma société en partie grâce à Frédéric. Il m’a grandement aidé concernant les aspects techniques du développement de la montre, me faisant bénéficier de son expérience et de ses contacts du monde horloger suisse.”

Timeon est soutenu par Geneva Creativity Center (GCC) et Innosuisse et a collaboré avec la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA) pour le développement du circuit imprimé et de l’antenne. La jeune pousse vient également d’obtenir un prêt de la Fondation pour l’innovation technologique (FIT). Timeon est sur le point de sortir le premier prototype à l’échelle, “une version alpha qui va nous permettre de tester l’interface utilisateur, déclare Rémi Aeschimann. Dès avril, on espère sortir une version bêta pour débuter les tests en situation réelle, sur l’eau.” La commercialisation de la montre est prévue pour le début de l’année 2022.

L’avis du coach
“Cette collaboration était un vrai plaisir, réagit Frédéric Dreyer. Rémi est un très gros bosseur. Il est brillant, jeune et a une immense soif d’apprendre. Sa capacité à se remettre en question était aussi très appréciable. Nous avons travaillé sur plusieurs aspects. Comment se positionner face à des concurrents imposants comme Garmin? Comment se financer? Par un crowdfunding? Avec des investisseurs? Ou avec des fonds dédiés à l’innovation? J’ai pu lui fournir des pistes de réflexion mais aussi des contacts grâce à mon réseau acquis notamment lors de mes dix années en tant que responsable Recherche et Développement dans le milieu horloger. Le coaching s’est déroulé de manière sporadique et par de courts échanges, mais sur une période assez longue d’une année. Je me souviens d’un moment fort. Un jour, avant un événement à Genève, je lui ai dit que le cofondateur de VivaTech, le plus grand salon européen sur l’innovation technologique et les start-up, serait là et que ce serait l’occasion de lui pitcher son projet. Il a bossé comme un dingue toute la nuit, et le lendemain, il lui a fait une présentation très originale d’un peu plus de trois minutes, et qui nous a bluffé tous les deux. Cette anecdote montre bien quel type de personne est Rémi.”

Pour en savoir plus… timeon.ch

Par Loïc Delacour

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