BKC_logo

Une Suisse prête pour la révolution de la télémédecine

Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur email
Email
Partager sur print
Print

La crise sanitaire du COVID-19 a donné du crédit à la vision de Maddalena di Meo, fondatrice de la start-up Baby & Kids Care et de sa solution de télémédecine pédiatrique “Que dit le pédiatre?”.


Quand on lui demande son parcours, elle prévient d’emblée: “il est très très très atypique”. L’utilisation appuyée d’adverbes dans le langage semble bien définir la personnalité généreuse et hyperactive de Maddalena di Meo. Car, lorsque la Vaudoise de 39 ans évoque ses différentes expériences, d’infirmière à entrepreneuse, en passant par l’humanitaire et la direction de Firstmed, une société qui propose des cours de premiers secours au grand public, on se dit qu’il nous aurait fallu plusieurs vies pour en faire autant. “Je dors peu, entre 4 et 6 heures, avoue-t-elle. Et cet été, il n’y aura pas de vacances pour moi, c’est certain.”

Cette grande énergie, Maddalena di Meo a décidé de la mettre au service de la télémédecine, une évolution à laquelle elle croit dur comme fer. “Cela fait deux ans que je défends le développement de cette pratique, relate-t-elle. À l’époque, les médecins que j’approchais ne savaient même pas ce que c’était. Mais la crise du COVID-19 m’a donné raison. La vision que j’ai porté durant ces deux années a en quelque sorte été validée.” 

Maddalena di Meo

Consulter par vidéoconférence
Cela faisait bel et bien deux ans que l’entrepreneuse se battait pour son projet de plateforme de télémédecine pédiatrique “Que dit le pédiatre?”, créée au sein de sa start-up Baby & Kids. Et c’est durant la crise sanitaire, début avril, qu’elle verra finalement le jour, boostée par la distanciation sociale imposée par les autorités. “Elle devait sortir plus tard mais on a énormément travaillé pour pouvoir la proposer durant cette période”, raconte Maddalena di Meo. L’outil se présente sous la forme d’une application pour smartphone, tablette ou ordinateur du côté des patients et d’un système informatisé pour les pédiatres depuis lequel ils gèrent un cabinet virtuel et leur salle d’attente. Les parents inquiets peuvent ainsi accéder rapidement à une consultation avec un-e professionnel-le, par vidéoconférence, et recevoir si besoin une ordonnance instantanément. L’application est gratuite et le restera, Baby & Kids Care touchant une commission sur les consultations.

Actuellement, une vingtaine de pédiatres romands travaillent avec la plateforme, principalement des praticiens et praticiennes établis dans les cantons de Genève et Vaud. Afin de démocratiser encore plus cette pratique innovante, Baby & Kids Care créera au troisième trimestre de cette année 2020 un cabinet à Vevey. “C’est à ma connaissance le premier cabinet de Suisse à intégrer trois types de consultations: digitale, présentielle et pressante mais hors-urgence, explique-t-elle. Cela permettra de prouver la faisabilité du projet. Et nous nous sommes rendus compte, avec le coach platinn Sébastien Mabillard, que cette étape était nécessaire en Suisse, pour convaincre les gens, avant de passer à une solution uniquement virtuelle.”

Source: queditlepediatre.ch

Économique et écologique
L’avenir semble donc prometteur, mais tout n’a pas été simple pour l’entrepreneuse. Son concept a eu du mal à convaincre dans un pays qui peine à accepter les innovations dans son domaine de santé. Le coach platinn Sébastien Mabillard jouera un rôle prépondérant. “Quand on est une femme, seule à la tête de son entreprise, il est parfois difficile d’être prise au sérieux. J’ai occasionnellement été découragée. Sébastien a été d’un grand soutien, tant sur le plan humain que sur les aspects techniques.”

Énergique et combative, Maddalena di Meo a, semble-t-il, bien fait de croire en sa vision, car la télémédecine pourrait bien s’imposer dans le futur. En effet, elle semble offrir une multitude d’avantages. “C’est un outil très efficace pour faire un pré-tri et ainsi désengorger les urgences. Cela réduira également les coûts de la santé, ce qui est un des gros défis à l’heure actuelle, explique-t-elle. Et puis, c’est aussi une solution écologique qui évite les déplacements des patients.” Quand on lui demande s’il n’y a pas de risque de déshumaniser la médecine, elle répond immédiatement: “C’est la question qui revient tout le temps. Mais prenez l’exemple de cette crise: la technologie a au contraire permis de connecter les gens alors que l’on ne pouvait plus sortir, et cela a même parfois recréé des liens entre certaines personnes.” Avec son enthousiasme contagieux, Maddalena di Meo est prête à révolutionner les consultations médicales en Suisse.

L’avis du coach
“J’ai suivi le projet dès les débuts en février 2018. Toutes les idées étaient déjà bien présentes, mais on était plus à l’état d’un concept que d’un produit commercialisable. Le travail a donc consisté à fixer les priorités. Le rôle d’un entrepreneur ou d’une entrepreneuse, c’est de faire un choix stratégique, ce qui est parfois difficile. L’aspect humain était aussi important. Il était même primordial, mais il l’est dans tous les coachings. Au-delà de l’aspect technique du projet, un coach doit offrir un espace de confiance qui amène à la réflexion et à la remise en question. Et puis, il y a toujours des hauts et des bas dans un projet, surtout pour une start-up. Il faut donc être là pour supporter la personne et pour l’aider à maintenir le cap malgré les doutes dans les moments difficiles.”

Pour en savoir plus…
queditlepediatre.ch

par Loïc Delacour

Découvrir davantage de cas

Faire parler les données numériques

C’est le service proposé par enovating, une entreprise spécialisée dans l’extraction, la structuration et l’analyse des données numériques. Petit tour d’horizon d’une