L’avenir du diagnostic ophtalmologique se joue sous nos yeux

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Grâce à la station automatisée de la start-up genevoise MIKAJAKI, les examens des yeux pourraient gagner en efficacité alors que les cabinets diminueraient leurs coûts. Vous avez dit gagnant-gagnant?

 

Le duo d’entrepreneurs semble représenter le binôme idéal. À ma gauche: le Docteur Michael Assouline, ophtalmologue français de renom exerçant depuis une trentaine d’années. À ma droite: Jacky Hochner, plus de 20 ans d’expérience en tant que cadre dans la vente, le marketing et le développement de machines de diagnostics ophtalmologiques, notamment au sein de l’entreprise Luneau-Visionix. Lors de leur première rencontre, au cours d’une conférence internationale, les deux hommes se sont rejoints spontanément sur l’idée que si les machines actuelles de diagnostics ophtalmologiques étaient en progrès constant, il devenait cependant urgent d’imaginer une solution plus intégrée et efficace pour favoriser l’accès à ces outils diagnostic de pointe, coûteux, encombrants et surtout très gourmands en ressources humaines.

“À la base de ma réflexion, il y avait effectivement ce souci d’efficacité, confirme Michael Assouline, mais il y avait également une forte motivation économique.” Car, comme tous les domaines liés à la médecine, les développements technologiques ont eu une grande incidence sur l’accessibilité du matériel. “Auparavant, pour lancer un cabinet d’ophtalmologie, il fallait mettre quelques dizaines de milliers d’euros pour s’équiper, explique le docteur. Mais de nos jours, près d’1 million d’euros sont nécessaires, car tout est devenu plus précis, plus qualitatif, mais aussi plus cher.” L’idée d’une station automatisée est donc aussi partie d’une réflexion sur la mutualisation des coûts par l’automatisation et l’amélioration des flux de patients.

Parmi les meilleures start-up 2020 selon Bilan
L’idée séduit plusieurs groupes français qui investissent dans la start-up au nom qui résume bien la complicité de ses deux créateurs: MIKAJAKI. Des groupes suisse, luxembourgeois, tchèque et brésilien se sont aussi positionnés. “Le coaching platinn nous a aidé à la fois à restructurer notre approche en un business plan pour notre groupe d’investisseurs, mais également de voir au delà de ce cercle interne et d’analyser le marché de manière plus globalement, relate Jacky Hochner. Le groupe suisse Pallas Kliniken ne faisait par exemple pas partie de notre cible au départ. Or, il fait dorénavant partie du projet.” Ce rapide développement de MIKAJAKI attire le regard: elle a été classée parmi les 50 start-up dans lesquelles investir en 2020 par le magazine Bilan.

De gauche à droite: John Speyrer, directeur technique, et les co-fondateurs Jacky Hochner et le Dr Michael Assouline (dr).

Mais cet intérêt du marché n’est pas anodin, tant la solution imaginée par l’entreprise genevoise semble prometteuse de par son fonctionnement. Le patient est premièrement pris en charge via un chatbot accessible avec un smartphone. Cette étape, réalisable à la maison, comporte un questionnaire médical et les premiers tests de vue. Le patient se rend ensuite dans un centre disposant de la station automatisée. Le système capture tout d’abord la taille de la personne et sa morphologie faciale afin d’ajuster la hauteur de la station et de vérifier son identité. Trois machines intégrées réalisent alors automatiquement toutes les mesures de l’œil nécessaires à l’établissement des 30 diagnostics ophtalmologiques les plus courants.

Il n’aura fallu que deux ans pour fédérer suffisamment d’acteurs et investisseurs afin de développer un prototype fonctionnel à partir du concept. Un exploit assuré en interne par une équipe d’ingénieurs de grand talent, que ce soit pour le développement robotique ou informatique. “Nous disposons d’une première station fonctionnelle à Genève, précise le Dr Assouline. La dernière étape pour acquérir la certification CE, nécessaire à une mise sur le marché, était d’effectuer les tests cliniques prévus par les autorités sanitaires et éthiques suisses. C’est dans ce cadre que nous avions fait un appel à des volontaires. Ces tests devaient commencer le 19 mars dernier, mais les événements récents ont évidemment empêché cela. Nous les reprendrons dès la fin de la crise du Coronavirus.”

L’intelligence médicale en point de mire
Le processus d’industrialisation afin d’équiper tous les partenaires investisseurs débutera une fois la certification CE acquise. Cette étape sera rendue possible par une levée de fonds actuellement en cours de finalisation. Mais l’aventure sera loin d’être terminée, tant cette technologie automatisée ouvrira de nouvelles opportunités, avec, en première ligne, le big data couplé à l’intelligence artificielle.

“Ce point représente, dès le départ, le quatrième étage de la fusée, abonde Michael Assouline. Avec nos différentes stations automatisées, nous aurons accès à une très grande base de données homogènes. C’est très intéressant car, s’il y a souvent de nombreuses données disponibles, elles sont disparates et peu utilisables. Le fait d’avoir une machine qui récolte toutes ces données via des algorithmes leur donnera une grande valeur qualitative.” Cet atout pourrait alors positionner MIKAJAKI à la pointe de l’intelligence médicale dans le domaine ophtalmologique.

Dans l’immédiat, ce sont les cabinets ophtalmologiques qui bénéficieront de cette innovation. En remplaçant des processus d’examens coûteux et compliqués, la station automatisée fera gagner du temps, de l’argent et rendra possible des évaluations plus approfondies systématiques, estiment les concepteurs. Alors que la technologie a fortement contribué à hausser les coûts de la santé ces dernières décennies, une innovation pourrait avoir, cette fois-ci, un impact inverse tout en continuant d’améliorer les diagnostics. La promesse de MIKAJAKI a effectivement de quoi séduire.

L’avis du coach
“Mon rôle était d’accompagner, avec l’aide d’Antonio Gambardella, Directeur de la FONGIT et coach platinn Finance, la création d’un planning financier et d’une stratégie de levée de fonds, explique Emmanuel de Watteville. Le coaching s’est très bien déroulé car les deux co-fondateurs de MIKAJAKI ont toutes les qualités requises: ils sont motivés, experts et entrepreneurs. De plus, ils ont une très bonne complémentarité, le Dr Michael Assouline étant un ophtalmologue de renom et Jacky Hochner venant de l’industrie des appareils ophtalmologiques. Ce sont des gens qui comprennent le marché et connaissent les besoins. Ils sont ainsi capables de développer une technologie qui réponde à une forte demande. Jacky et Michael étaient également extrêmement proactifs. Il n’y avait pas une semaine sans qu’Antonio ou moi-même ne recevions des relances pour des feedbacks et pour avancer, ce qui est très positif. En résumé, ce coaching a été un véritable succès.”

mikajaki.com

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