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  • Entreprise: Relec SA

Grâce à un rachat terriblement réussi, Relec SA peut confirmer ses ambitions internationales

17 Décembre 2014

Finaliser une transmission d’entreprise en moins d’un an, c’est ce qu’a réussi Relec SA à Yverdon-les-Bains. Les négociations ont été très fluides, alors que toute reprise est toujours une affaire délicate.
par Nathalie Bloesch

Roger Roschnik

Une situation pourtant critique
Fleuron de l’audio suisse, Relec SA développe et produit des enceintes acoustiques de haute précision sous la marque PSI Audio depuis 1977. Son directeur et fondateur, Alain Roux, s’y était pris très tôt. En 2005, il lançait la recherche d’un repreneur, le trouvait pour découvrir en 2013 qu’il n’était pas fiable. Tout était à reprendre avec de vives inquiétudes. «Extrêmement déçu par l’échec de fin 2013 d’une part, très méfiant d’autre part, M. Roux voulait aller vite», explique Isabelle Durafourg, la coach platinn qui a accompagné toute la négociation. Elle l’incite à inscrire Relec SA sur la plateforme de mise en relation de Capitalproximité. C’est là qu’intervient Pierre Bordry, responsable de Capitalproximité, le service financier de platinn. «Pierre Bordry a su repérer la "paire qui gagne" avec beaucoup de clairvoyance. Je cherchais à racheter une entreprise depuis plusieurs années et son travail m’a économisé des mois d’analyse», précise pour sa part Roger Roschnik, nouveau CEO de Relec SA depuis juillet 2014.

Un exploit
Résultat: en moins d’une année, le contrat de rachat par une équipe composée des collaborateurs et d’un acheteur externe est signé. M. Roschnik détient la majorité des actions, secondé par Christian Martin, directeur technique actif depuis 24 ans dans l’entreprise. Relec SA est ainsi désormais la propriété de 7 actionnaires, dont notamment le chef de production Michel Coudert, le responsable du marché suisse Fabrice Del-Prete et le fils d’Alain Roux, Nicolas, ingénieur en microtechnique. Tous s’accordent à le dire: trouver l’équilibre entre un repreneur externe et une entreprise trentenaire tout en ouvrant la porte aux enfants du fondateur est un véritable exploit.

Une offre réaliste
Plutôt que de vendre à un concurrent ou de viser à maximiser le prix de vente, Alain Roux a fait le choix de la pérennité. «Mais il a fallu de la modestie de ma part. J’ai légèrement sous-évalué l’entreprise pour éviter des négociations qui auraient pu nuire à sa continuité», précise M. Roux. «Tout s’est bien goupillé: du produit au prix. Un produit de haute technologie dans le son pour l’ingénieur et amateur de musique que je suis et un prix qui correspondait à mes capacités d’investissement, je n’ai pas hésité», s’exclame Roger Roschnik. «La sécurité de nos investissements était aussi garantie par le fait que nous rachetions l’immeuble de Relec SA. Or, la valeur d’un bâtiment est chiffrable et M. Roux est arrivé avec une offre réaliste, contrairement à ce qui se passe trop souvent lors de rachats d’entreprise», poursuit Roger Roschnik. La sécurité de leur investissement a aussi été déterminante pour les collaborateurs qui, tout comme Alain Roux puis Roger Roschnik, ont tout investi dans Relec SA.

Production Enceintes Relec SA

Un facteur émotionnel bien géré
"Tout investi". C’est dire l’attachement qui les lie à l’entreprise. Fabriquer des "bijoux du son" est un métier passionnant, fait autant de rationnel, de technologie de pointe que d’émotionnel. «On avait besoin de sentir que le nouvel investisseur était prêt lui aussi à mouiller sa chemise. C’est le cas de Roger Roschnik: en tant qu’ingénieur mécanicien, il vient compléter nos compétences techniques. Nous avions aussi impérativement besoin de son profil de commercial et de manager sur le plan international», poursuit Christian Martin, directeur technique.

Le Bolchoï, la RTS et le Philarmonique de Paris pour clients
«Chez Relec SA, chaque enceinte est mesurée et calibrée individuellement, ce qui garantit ensuite la régularité de la production», explique Christian Martin. «Nous sommes une entreprise de sept collaborateurs, mais nos clients sont les ingénieurs-son de radios comme la RTS, le Bolchoï à Moscou, le Philarmonique de Paris ou les JO de Sotchi! Ils ont besoin d’un produit absolument sûr.» La marque PSI Audio signifie d’ailleurs "Precision Sound Image". En vingt ans, Alain Roux et son équipe sont parvenus à développer des moyens de mesure hors pair pour vérifier la qualité de leur produit et le corriger si nécessaire. C’est de cette sécurité qu’a besoin le marché de l’audio.

L’avenir
Essentiels à la confiance du marché, le "swiss made" et la continuité dans laquelle veut s’inscrire le nouveau CEO Roger Roschnik donnent les meilleures chances à Relec SA d’atteindre ses objectifs sur le plan international: doubler ses ventes dans plusieurs pays d’Europe et arriver régulièrement avec de nouveaux produits. En 2015, ce sera un instrument révolutionnaire: l’absorbeur actif qui permettra pour la première fois d’éliminer, et non pas seulement de couvrir, les modes propres (par exemple les résonnances) d’un studio d’enregistrement. C’est le résultat attendu d’un projet CTI mené par l’ancien directeur de Relec SA, Alain Roux.

Enceinte Relec SA

L’apport de platinn
Isabelle Durafourg est elle aussi très satisfaite du travail accompli en moins d’un an. «Outre la mise en contact que Pierre Bordry, responsable de Capitalproximité, a parfaitement menée, en tant que coach platinn, j’ai clairement joué le rôle de médiatrice dans la négociation. Si les compétences complémentaires des uns et des autres ont vite été reconnues, des tensions sont tout naturellement apparues jusqu’à ce que chacun se sache entendu dans ses intérêts propres. Etre attentif à ces intérêts parfois divergents est une priorité. Prêter attention à la psychologie de chacun en est une autre, tout aussi importante!»

L’avis de l’entrepreneur
De leur côté, l’ancien et le nouveau directeur de Relec SA confirment: Isabelle Durafourg, coach platinn, a su défendre les intérêts tant du vendeur que des repreneurs. «Si l’un ou l’autre se sent lésé, la transaction est bloquée. C’est ce qu’elle a évité en restant toujours neutre et en recentrant systématiquement les discussions sur le projet.» Alain Roux précise: «Les simulations financières que Mme Durafourg a pu présenter à chacun des collaborateurs pour mesurer les conséquences financières de son investissement ont été une chance pour une petite entreprise comme la nôtre. Les sociétés qui s’occupent habituellement de successions ne nous sont financièrement pas accessibles!» «Cela a permis à chacun de vérifier les potentiels et les risques», enchaîne le nouveau directeur Roger Roschnik «et d’aller jusqu’au bout de ce que disent les chiffres. Ensuite, on peut laisser parler son cœur.» Il n’en reste pas moins que Christian Martin, directeur technique, a conscience qu’il aurait pu "faire tout capoter" à certains moments. «Passionné d’audio comme mon patron Alain Roux, j’ai lutté pour l’entreprise… et pour un salaire très modeste. Au moment de la reprise, vu mon engagement sans compter, j’aurais voulu partager la direction générale mais je n’en avais pas les moyens. J’aurais dû demander plus vite à être compensé en actions. Aujourd’hui, j’ai dépassé cette amertume et je suis très heureux de la tournure qu’ont pris les choses, mais c’est un conseil qui pourrait être utile à de jeunes ingénieurs qui se trouveraient dans la même situation.» En amateur de montagne, Christian Martin tient à finir sur une image éminemment positive: «La confiance s’est établie comme dans une cordée en montagne. Nous sommes tous liés et les compétences rationnelles de l’ingénieur Roschnik nous ont autant rassurés que ses compétences de manager.»

Pour en savoir plus...
www.psiaudio.com

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BORDRY Pierre

Domaines :

  • réseautage
  • valorisation & acquisition de société
  • gestion d'organisation à but non lucratif

Expérience & formation :

  • stratégie d'investissement, private equity
  • financement, financement mezzanine
  • gestion des risques
  • Master en gestion quantitative de portefeuille, Université de Genève

Langues :

  • français
  • anglais
Services platinn: Finance

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DURAFOURG Isabelle

Domaines :

  • conseil en stratégie d’entreprise, management et organisation
  • transmission et développement d’entreprises
  • implémentation de systèmes d’information

Expérience & formation :

  • depuis 2002, associée de Strategos SA : conseil d’entreprise
  • pendant 7 ans, responsable du conseil d’entreprise de KPMG Fides
  • pendant 9 ans, DG d’une société industrielle
  • licence HEC en gestion d’entreprise
  • master en systèmes d’information

Langues :

  • français
  • anglais
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Le Service Finance soutient les entreprises innovatrices dans leur recherche de financement par:

  • l’élaboration de la stratégie de financement et la certification du dossier;
  • l'accès à un vaste réseau d'investisseurs et de sources de financement;
  • la mise en relation entre investisseurs et entreprises;
  • la négociation et la levée de fonds.
 
 

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