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Pour valoriser sa "cleantech" de pointe, RedElec a su réorienter son modèle d’affaires

15 Juillet 2015

Basée à Riddes en Valais, RedElec Technologie SA a changé son modèle d’affaires au bon moment. Du marché 100% étranger de la coloration des jeans, elle est passée au traitement électrochimique des eaux. Avec des perspectives prometteuses à la clef.

Par Nathalie Bloesch

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L’électrochimie et les distinctions
CFC de laborant en chimie, puis diplôme ETS en poche, David Crettenand se lance dans un doctorat en électrochimie à l’EPFZ. Cette technologie, qui a fait les belles heures du Valais industriel (Ciba-Geigy, Alusuisse, Lonza ou Giovanola), est un peu oubliée à l’époque. David Crettenand, lui, croit aux vertus économiques et écologiques de l’électrochimie. Cela l’amènera à fonder, en 2007, RedElec Technologie SA, une spin-off de l’EPFZ (voir focus No 95, oct-nov 2008). La start-up commence par convaincre avec sa technologie révolutionnaire de teinture électrochimique du jeans. Elle reçoit plusieurs distinctions (prix de l'Association suisse des cadres 2014, Prix PME 2013, Prix climatique Zürich 2011, Prix Debiopharm 2008) et se concentre aujourd’hui sur un nouveau procédé innovant et ambitieux de traitement des eaux.

Tout commence par une paire de jeans
Pour teindre un jeans en coton, on utilise l’indigo, un colorant insoluble dans l’eau. Avant de pouvoir être appliqué, l’indigo doit donc être converti en une forme soluble: le leuco-indigo. Pour ce faire, les procédés industriels actuels recourent à un composé chimique, l’agent réducteur. «Avec sa cellule électrochimique de nouvelle génération, - au niveau industriel il n’y avait pas eu d’innovation significative dans ce domaine depuis plus de 50 ans -, qui utilise des électrons plutôt que des produits chimiques pour transformer l’indigo, la "cleantech" de RedElec exige dix fois moins d’énergie que le procédé industriel classique tout en diminuant la charge de polluants», précise son directeur David Crettenand.

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Brevet déposé et choix stratégiques
C’est grâce à un projet CTI sur deux ans (2012-2013), soutenu par Paul-André Vogel, coach platinn, que RedElec a pu améliorer son réacteur électrochimique breveté. Aujourd'hui, il est adapté aux besoins industriels, notamment en matière de maintenance, grâce à un système de remplacement modulaire de ses éléments. RedElec fait alors le choix stratégique d’un nouveau modèle d’affaires: accorder une licence exclusive à une société d’un groupe important du secteur textile qui se charge de commercialiser son réacteur électrochimique pour la teinture du denim. Grâce aux revenus de sa licence, la PME peut à nouveau se concentrer sur sa compétence première, la recherche et le développement, et s’ouvrir à de nouveaux domaines d’application.

Du denim aux eaux propres
Le plus de la technologie RedElec dans le traitement des eaux? Elle intervient en amont, sur les eaux qui ne pourront pas être purifiées par les stations d’épuration (STEP), car elles contiennent des éléments polluants non-biodégradables. Actuellement, on est obligé de brûler ces effluents, en ajoutant du combustible aux effluents. «En termes écologiques, inutile de dire que l’on peut faire nettement mieux», souligne David Crettenand. Ainsi, la "cleantech" de RedElec permet, par le procédé Electro-fenton, de rendre ces éléments biodégradables pour que le traitement puisse ensuite s’achever en STEP. La technologie est au point mais le produit doit être porté à maturation afin de convaincre les clients industriels.

Ensemble pour convaincre
«Nos clients industriels sont satisfaits des tests réalisés sur notre machine», poursuit David Crettenand. «Nous travaillons déjà avec une autre PME valaisanne, Membratec SA, qui a amené sa technique d’ultrafiltration. Mais pour convaincre définitivement notre public-cible, il faut passer à des quantités industrielles de traitement, c’est à dire au minimum un mètre cube par jour. Il faut aussi passer à l’automatisation de l’ensemble du procédé. Pour cela, il nous manque encore du financement. Il faudrait aussi pouvoir s’appuyer sur un partenaire académique. Si des universitaires nous lisent… à bon entendeur!»

L’apport de platinn
«C'est un très beau projet de coopération entre des PME romandes, des grandes industries et des partenaires académiques», déclare enthousiaste Paul-André Vogel. «La coopération entre les différents partenaires permet d’avancer dans le domaine à fort potentiel que représente le traitement d'effluents industriels. A l’heure où les normes et les réglementations sur les rejets des effluents polluants sont de plus en plus sévères, les industriels de la chimie, de la pharma et de la pétrochimie doivent mettre en place des systèmes de traitement de leurs rejets liquides de plus en plus pointus. L’Office fédéral de l’environnement a élaboré des stratégies afin de diminuer la présence de composés bio-réfractaires dans les eaux. La Confédération recourt à des instruments légaux pour limiter l’homologation de certaines substances nocives pour l’environnement et en interdire ou restreindre l’emploi. Elle recourt par ailleurs à des moyens incitatifs et mène des campagnes d’information pour encourager la mise en œuvre volontaire de mesures. Avec ce projet et les réalisations de cas pilotes industriels qui en résultent, les PME ont une vraie chance de s'assurer une part du marché avec des solutions innovantes.»

L’avis de l’entrepreneur
«Pour faire passer notre technologie de traitement des eaux au plus vite en mode industriel, nous poursuivons dans la recherche d’un partenaire académique de même que dans les collaborations avec d’autres PME actives dans ce domaine. Cela prendra un peu de temps.» David Crettenand peut compter sur le soutien de ses actionnaires. Ils partagent son approche écologique et un peu idéaliste des marchés et s’appuient pour cela sur les solides fondamentaux technologiques de RedElec. «Le coaching de platinn avec Paul-André Vogel a par ailleurs été essentiel, notamment dans la mise en relation avec les PME. Il nous a aussi bien orienté quand il a fallu changer de modèle d’affaires. Son expérience de l’industrie est aussi très précieuse: Paul-André Vogel a travaillé pour la Lonza et il connaît le processus de décision de ce type d’entreprises. Il sait comment un projet extérieur va y être jugé et validé. Il connaît leurs critères en matière de retour sur investissement, ce qui est essentiel dans la phase d’industrialisation que nous abordons.»

Pour en savoir plus...
www.redelec.ch

VOGEL Paul-Andrécontacter

VOGEL Paul-André

Domaines :

  • stratégie d’entreprise
  • développement produits & services
  • industrialisation & commercialisation
  • développement des affaires

Expérience & formation :

  • coach CTI Start-up
  • 15 ans de projets innovation PME et coaching start-up

Langues :

  • français
  • allemand
  • anglais
Services platinn: Affaires

Coopération

Le service de développement de partenariats et coopération vise en particulier:

  • l’analyse du potentiel des projets d’innovation;
  • la création de partenariats;
  • l’accès aux fonds publics;
  • le montage de projets de coopération (structure, gouvernance, propriété intellectuelle, finance, risques);
  • la négociation des contrats de coopération.
 
 
 
 

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