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  • Entreprise: Plastic Biotech & Bioengineering

Un peu de nature dans le monde des antirides

31 Janvier 2017

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Sergio Klinke, Sandeep Raghunathan et Anthony Aho, co-fondateurs

Révolutionner le marché de la cosmétique avec une solution organique qui élimine les rides du visage de manière durable, c’est ce que s’apprête à faire la start-up lausannoise Plastic Biotech & Bioengineering (PB&B SA).

Par Nathalie Bloesch

Des microsphères révolutionnaires

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Microsphère biodégradable PLGA (acide lactique et glycolique)

Créée fin 2013 par deux jeunes ingénieurs diplômés de l’EPFL, Anthony Aho et Sergio Klinke, PB&B s’est donnée pour mission d’améliorer et d’innover dans le domaine de l’esthétique grâce aux sciences de la vie avec l’idée d’un antirides naturel. La trouvaille sera l’œuvre du troisième co-fondateur: Sandeep Raghunathan, docteur en chimie. Il s’agit de microsphères biodégradables composées de deux substances produites par le corps humain: l’acide glycolique et l’acide lactique. Ensemble, ces deux composants forment des "micro-pelotes de polymère" qu’on enrichit de lipides, naturels eux aussi: l’acide oléique (un acide gras présent notamment dans l’huile d’olive). «Une fois injectées, ces petites billes se désagrègent au contact de l’eau présente dans le corps et relâchent progressivement (sur une durée de deux mois) la graisse qu’elles contiennent», explique Sergio Klinke, COO de PB&B.

Mieux que l’acide hyaluronique
«L’ingéniosité de notre solution provient des capacités de libération lente, constante et directement sur site du composé. Il recrée un processus physiologique normal dans le sens où il "suralimente" les cellules graisseuses (adipocytes) avec des lipides», poursuit Sergio Klinke. «Les essais précliniques déjà effectués couplés aux connaissances actuelles de la biologie des adipocytes permettent d’affirmer que le comblement des rides du visage obtenu avec notre produit peut durer jusqu’à 20 mois. C’est un avantage important par rapport à l’acide hyaluronique, le produit de comblement le plus utilisé aujourd’hui dont les effets se dégradent déjà à partir de quelques semaines, obligeant le patient à répéter les injections tous les 6 à 8 mois.»

Des applications nombreuses
Nommé "Facial Volumizer", les microsphères développées par PB&B peuvent être ou non enrichies de molécules bioactives qui permettraient non seulement de restaurer mais encore de régénérer les tissus. Ce deuxième développement de la technologie PB&B ouvre le champ de multiples applications notamment les thérapies régénératives et reconstructives. «Même si nous avons breveté les deux produits, nous limitons pour l’instant la commercialisation de notre recherche à notre produit minimum viable, le "Facial Volumizer". L’approbation et la commercialisation des produits pour le visage nous garantissent d’optimiser le temps de développement des futurs produits plus complexes et plus coûteux tout en réduisant considérablement les coûts liés à l’investissement ainsi que les risques. Nous prévoyons une entrée sur le marché de ce premier produit en 2020.»

Un parcours du combattant financier
«Notre seul capital était notre idée de microsphère biodégradable, premier antirides naturel afin de rendre les opérations esthétiques non-chirurgicales et nous l’espérons, à terme, proposer une solution de remodelage du corps non-chirurgicale elle aussi. On a beaucoup exigé de nous mais nous avons aussi eu beaucoup de chance: le docteur Ali Modarressi, du Département de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique des HUG, a été le premier expert internationalement reconnu à entrer dans un partenariat scientifique avec nous. Les prix à l’innovation gagnés, en particulier les CHF 130'000.- du "Venture Kick" obtenus en 2014 ainsi qu’un premier tour de financement auprès de nos collègues des Sciences de la vie de l’EPFL ont ensuite servi à rémunérer notre collègue et co-fondateur Sandeep Raghunathan et à amorcer les premiers tests précliniques. En parallèle, nous avons soumis notre projet à la CTI, qui a répondu positivement en juin 2015, pour le départ du projet. L’optimisation des microsphères pouvait alors démarrer en collaboration avec le Département des polymères de l’EPFL. Dans l’intervalle est arrivé le soutien non négligeable du SPECo (Service de la promotion économique et du commerce du Canton de Vaud).»

platinn pour les bons investissements
«Le projet CTI a permis de prouver que notre technologie fonctionne sur le vivant. Mais pour effectuer tous les tests qui nous autoriseront à utiliser notre produit sur l’humain, industrialiser sa production et le commercialiser, nous collaborons avec deux entreprises internationalement certifiées en la matière, une CRO et une CMO (Contract Research/ Manufacturing Organisation). Près de 20 millions de francs seront nécessaires pour y arriver. Le plus dur est fait: après des années de recherches, c’est une chaîne de cliniques esthétiques chinoises qui investit les premiers millions de francs qui nous feront passer le cap de l’étude pilote chez l’être humain. Nous serons alors à moins de deux ans de la mise sur le marché (qui représente 1,6 milliard de francs sans compter l’Asie). Du coup, les investisseurs sont plus faciles à convaincre. Nous ne serions pas parvenus à définir et structurer un financement de pareille ampleur sans les compétences de notre coach platinn Jean-Marc Wismer.»

L’apport de platinn
«L’équipe de PB&B n’avait jamais levé de fonds, ils m’ont donc contacté très tôt dans le processus», explique le coach platinn Jean-Marc Wismer. «Nous avons analysé ensemble toutes les propositions de financement. Comme les biotech appliquées à l’être humain requièrent des financements très importants, les demandes doivent d’emblée être formulées de manière très précise dans les termes. Les investisseurs savent que le développement du produit va prendre beaucoup de temps. Ceux qui se profilent sur ce genre de projet ont déjà une grosse expérience dans la start-up et les exigences qui vont avec! Cela peut aller de poser comme condition sine qua non de faire partie du Conseil d’administration, à différentes structures de financement, plus ou moins favorables aux actionnaires, qui conjuguent fonds propres et achat de licences. A chaque fois, il a fallu structurer et préciser les termes du financement pour revenir dans la négociation avec une proposition qui pondère de manière acceptable les risques des uns et des autres, jusqu’à trouver la bonne solution.»

L’avis de l’entrepreneur
«Nous arrivions avec notre idée géniale d’innovation mais aucune idée quant à la création d’une SA ou le type de financement qui nous permettrait d’aboutir», se rappelle Sergio Klinke. «Les compétences de Jean-Marc ont été indispensables. Alors qu’il y a 15 ans, tout le monde investissait dans les biotech, aujourd’hui, la méfiance se généralise partout, des Etats-Unis à l’Europe. Le temps et l’argent nécessaires à la mise sur le marché d’un produit biotech sont en effet connus de tous. La solution est donc arrivée de Chine, mais avec une exigence de taille: la chaîne de cliniques esthétiques basée à Pékin et présente dans toutes les plus grandes villes du pays, souhaitait l’exclusivité sur les marchés asiatiques. Restructurée de façon à satisfaire les intérêts des deux parties, son offre financière est devenue une opportunité plus grande encore. L’investisseuse s’est en effet engagée a augmenter son financement si nous développions pour elle une crème anti-âge et antirides sur la base de notre technologie. Vendue en complément à nos injections, cette crème permettra au final de mieux pénétrer les marchés asiatiques. Le parcours du combattant a été long avec tous les échecs rencontrés, mais nous détenons maintenant l’expérience pour trouver la suite des bons investissements.»

Pour en savoir plus...
www.pbbtech.com

WISMER Jean-Marccontacter

WISMER Jean-Marc

Domaines :

  • 20 ans dans les dispositifs médicaux, les MEMS et les technologies de l’ingénieur
  • financement et gestion de l’innovation

Expérience & formation :

  • MBA (IMD) et MSc-EE (EPFL) (Master en Science, Génie électrique)
  • directeur, Sensimed SA
  • manager intérimaire, consultant ou administrateur dans de nombreuses PME et start-up technologiques
  • directeur, Neocast SA
  • officier opérationnel en chef, Lysis SA
  • responsable de produits, Medtronic SA
  • responsable de développement de produits, Silicon Microstructures Inc (USA-CA)
  • responsable de projets, Valtronic SA

Langues :

  • français
  • anglais
Services platinn: Affaires Coopération Finance

Finance

Le Service Finance soutient les entreprises innovatrices dans leur recherche de financement par:

  • l’élaboration de la stratégie de financement et la certification du dossier;
  • l'accès à un vaste réseau d'investisseurs et de sources de financement;
  • la mise en relation entre investisseurs et entreprises;
  • la négociation et la levée de fonds.
 
 

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